Blocus des lycées : « Une fois sorti du tube, le dentifrice ne rentre plus »

Mai 68, manifestation contre la loi Devaquet, mobilisation contre le CPE, contestation de Parcoursup, les lycéens n’en sont pas à leur coup d’essai. Une fois qu’ils sont entrés dans la danse, le pouvoir sait ce qu’il en coûte. En 2006, le gouvernement avait fini par retirer son texte sur le CPE face à la rue.

Cette fois, l’étincelle est partie le 21 septembre du lycée Saint-Exupéry, à Créteil, d’un grief concret : le manque d’enseignants. En quelques jours, les blocages se sont multipliés en Île-de-France avant de gagner d’autres villes. À l’origine du mouvement, des revendications très concrètes : des personnels manquants, des classes surchargées et des conditions d’enseignement jugées dégradées. La mobilisation intervient dans un climat social déjà tendu. Ce mardi 29 septembre, les agents publics, pompiers compris, manifestent partout en France à l’appel d’une large intersyndicale. Invité de la matinale de Public Sénat, l’ancien secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly y voit, selon son analyse, « un climat social où il y a beaucoup d’inquiétude, d’anxiété, du mécontentement ». À cela s’ajoute, selon lui, la perspective de l’élection présidentielle : « On est dans une période électorale jusqu’à la présidentielle, donc une partie des gens se disent qu’ils vont régler leurs comptes à la présidentielle. »

Pour l’historien des mouvements lycéens et étudiants Robi…

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Auteur: Emma Bador-Fritche