Le regard du sourd (1971), son premier grand succès
C’est une histoire tragique : celle d’un enfant noir, devenu sourd et muet après avoir surpris sa nourrice en train de tuer deux enfants dont elle avait la charge… Une pièce de théâtre de 7 heures, sans paroles, dont la lenteur devient la marque du metteur en scène qui n’a à l’époque que 27 ans. Une expérience méditative et onirique plus qu’une histoire, qui bouleverse la conception du temps et de l’espace au théâtre, et marque la recherche d’une émotion esthétique, d’une puissance visuelle.
Présenté en France au festival de Nancy en 1971, puis à Paris, le spectacle – fait d’une succession de tableaux en mouvement – est salué par la critique, et décrit comme « le plus neuf et le plus insolite depuis longtemps ». Louis Aragon, bouleversé, affirme n’avoir « jamais rien vu de plus beau en ce monde » depuis qu’il est né « parce qu’il (le spectacle, ndlr) est à la fois la vie éveillée et la vie aux yeux clos, la confusion qui se fait entre le monde de tous les jours et le monde de chaque nuit, la réalité mêlée au rêve, l’inexplicable de tout dans le regard du sourd. »
Einstein on the Beach (1975), un opéra contemporain
Créé le 25 juillet 1976 au festival d’Avignon, Einstein on the Beach fait sensation. Cette pièce de théâtre musicale donne à ses auteurs, Robert Wilson pour le livret et la mise en scène, Philip Glass pour la musique, leur réputation internationale. Opéra en quatre actes pour ensemble, chœur et solistes, l’ouvrage est remis plusieurs fois sur le métier par ses concepteurs et la chorégraphe Lucinda Childs. Il sera repris dans le monde entier, entrant dans la légende de la musique contemporaine.
Einstein on the Beach, qui dure environ cinq heures, ne propose pas d’histoire, mais des symboles liés à la vie du génial physicien, au travers de la mise en scène, des personnages, des…
Auteur: Service Culture

