Cet article est publié en partenariat avec le magazine indépendant La Maison écologique
Jocelyne et Dominique sont des voyageuses aventurières. Kenya, Massachusetts, Antilles : les histoires à raconter ne manquent pas. Mais une des plus marquantes est sans nul doute la construction de leur maison en terre et paille, nichée dans une vallée ariégeoise non loin de Saint-Girons. C’était il y a dix ans, elles en avaient toutes deux 60.
Après avoir vendu sa grange trop rustique pour leurs vieux jours, Dominique tombe amoureuse d’un terrain à acheter : un ancien pré à vaches pentu, accueillant une mare pleine de truites et traversé par l’eau d’une source.
Bois, terre, paille
Bien que convaincues par l’écologie, rien ne prédestinait les deux femmes à construire une maison entièrement réversible. Lors d’une foire bio à Saint-Lisiez (Ariège), elles rencontrent Jessie Sauvée, alors architecte d’intérieur, qui leur vante les mérites de la construction en terre et paille. Elle leur conseille une équipe de maîtres d’œuvre, Antoine Laroussie, Alexandre Fraysse et Mathieu Audet, rompus à ces techniques de construction et travaillant en chantiers participatifs. C’est acté : Dominique et Jocelyne entament la construction de leur maison à base de matériaux compostables avec un permis de construire et le concours de volontaires venus des quatre coins du globe.
Les deux femmes passent d’abord un an à rassembler du matériel à la demande de Mathieu Audet, formé par Tom Rijven, le concepteur du système des cellules sous tension — une méthode d’écoconstruction en paille et en terre — et de l’association Flexagone, spécialiste de ce type de construction. Avec sa technique, les bottes de paille sont compressées de manière à devenir porteuses et ne nécessitent qu’une structure en bois légère.
Jocelyne et Dominique commandent les bottes à un agriculteur proche de Toulouse à 1 euro l’unité, le…
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