«Nous sommes le véritable moteur économique de ce pays. Face à la criminalisation qui nous taxe de ‘vandales’ ou de ‘terroristes’, nous dressons notre force contre des élites soumises, racistes et séparatistes»
Un état d’exception qui militarise le pays et permet aux forces armées de tirer sans être poursuivis. Des dizaines de morts et des centaines de blessés par balles. Plus de 400 arrestations. Des blocages routiers et des pénuries. Des cortèges de dizaines de milliers de personnes. C’est le bilan provisoire du soulèvement populaire qui secoue depuis six semaines la Bolivie, pays de 12 millions d’habitants situé au cœur de l’Amérique Latine.
Un mouvement massif dure depuis deux mois contre le président : l’ancien sénateur conservateur Rodrigo Paz. Ce dernier a été élu il y a 7 mois, après des décennies de gouvernements de gauche. Son slogan de campagne ? «Le capitalisme pour tous». Le nouveau chef d’État est surtout un vassal des USA, et son élection a été immédiatement saluée par Trump, alors que la Bolivie était jusqu’ici hostile à l’impérialisme étasunien. Depuis son élection, Paz est allé se soumettre au gouvernement d’extrême droite à Washington et a organisé un rapprochement avec Israël. Il se revendique du président argentin ultra-libéral et sioniste Javier Milei. Dans un pays rural où la majorité de la population est issue des peuples autochtones, son gouvernement ne compte aucune figure issue des mouvements indigènes ou des organisations syndicales et paysannes. Ses ministres viennent de la finance internationale et d’entreprises privées.
Avec l’instauration de l’état d’exception la semaine dernière, Rodrigo Paz choisit l’escalade, car il permet le déploiement de l’armée contre les manifestations et les blocages, et garantit une protection juridique pour les militaires, leur octroyant une «présomption de légalité» en cas de tirs….
Auteur: B

