Un empire recentré sur les médias, la culture… et les idées d’extrême droite
Le groupe Bolloré se résume désormais, mis à part quelques activités industrielles relativement modestes, au secteur des médias et de la culture. Une partie de ces actifs est mise directement au service des idées et parfois des partis politiques d’extrême droite, enjambant la frontière entre le politique et l’économique. Le reste de cet empire médiatique et culturel – pour l’instant du moins – continue à se présenter comme une entreprise « normale », tout en servant d’alibi et de source de financement aux premiers.
Empire construit selon une logique financière au fil des opportunités boursières, le groupe Bolloré n’a cessé de se décomposer et de se restructurer au fil du temps. Il ne reste presque plus rien de la papeterie familiale dont Vincent et son frère ont pris les rênes en 1981.
Sous la direction de Vincent Bolloré, le groupe s’est successivement lancé dans et/ou a abandonné les activités papetières, la culture du tabac, la production et la vente de cigarettes, le transport maritime, la gestion de ports, les activités logistiques, la gestion de lignes de train, la banque, les télécommunications, les tubes à usage industriel, le cinéma… Aujourd’hui, le groupe s’est recentré quasi exclusivement sur les activités de communication, à savoir Vivendi et ses anciennes filiales : Universal Music, Canal+, Havas et Hachette.
Fin 2023, après cession des dernières activités logistiques, la branche communication représentait 95 % des effectifs et 77 % du chiffre d’affaires contributif et même… 111% du bénéfice (les activités industrielles du groupe étant déficitaires en 2023, comme d’ailleurs toutes les années précédentes). Les activités « communication » étaient aussi les plus profitables, rapportant à Bolloré SE plus d’un milliard d’euros en 2022 et 2023, contre…
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