Borde 47 : Pas d'expulsion sans solution !

Le 1er mars 2024, les 80 habitant·e·s de l’immeuble de la Borde 47 seront expulsé·e·s, parmi elles/eux une quinzaine de mineur·e·s. Ils/elles viendront rejoindre la population qui passe ses nuits dans la rue en ville de Lausanne. L’immeuble de la Borde 47, par le passé mis à disposition par la ville, est aujourd’hui squatté. En plein hiver, il répond à une demande d’hébergement que la politique menée par la municipalité ne permet pas d’honorer autrement. Si la constitution vaudoise, à l’article 33, reconnaît que “toute personne dans le besoin a droit à un logement d’urgence approprié et aux moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine“, la politique concrète de la ville de Lausanne – le dispositif d’hébergement d’urgence (DHU) – échoue à assurer ce droit élémentaire en ne mettant à disposition que 148 places, alors que le nombre de personne sans-abri est estimé à 442. Le plan d’accueil d’urgence de la ville serait incapable d’accueillir les expulsé·e·s de la Borde.

Mme Moeschler – municipale en charge de la cohésion sociale – affirme vouloir par sa politique “stabiliser [le] dispositif et avancer sans à-coups pour répondre à une problématique complexe”. Difficile de prendre au sérieux les promesses d’une municipalité qui choisit, au milieu de l’hiver, d’organiser l’expulsion d’assez de sans-abri pour remplir la moitié d’un dispositif d’hébergement d’urgence au demeurant déjà saturé. Là où la ville s’enorgueillit d’une politique prétendument volontariste sur le sujet de l’accès au logement, elle prive, en fermant le site de la Borde, ces personnes d’accéder aux fameux moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine, que la constitution vaudoise reconnaît comme un droit.

On ne saurait aborder la situation du sans-abrisme en ville de Lausanne sans en considérer les causes. Avec un…

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