Alors que le génocide à Gaza se poursuit et que la guerre en Ukraine redessine les rapports de force en Europe, la désinformation est devenue un pilier central de la légitimation des projets colonialistes. Qu’ont en commun Israël et la Russie dans leur manière de manipuler l’opinion publique et de remodeler le réel à leur avantage ? Plongée dans les mécanismes de propagande qui orientent aujourd’hui nos imaginaires politiques.
Depuis une dizaine d’années, les opérations d’influence numérique ont muté en un véritable champ de bataille géopolitique, où États, entreprises privées et mercenaires de l’information se disputent l’attention publique. Des usines à trolls russes aux sociétés israéliennes spécialisées dans la manipulation politique, un écosystème industrialisé, opaque et transnational s’est imposé. Ses effets sont visibles partout : fragmentation du débat, polarisation extrême, brouillage systématique de la réalité.
Réécrire l’histoire pour dominer
En Russie comme en Israël, la réécriture de l’histoire sert une finalité impérialiste : déshumaniser les victimes, délégitimer toute résistance et assimiler les opposants à des figures menaçantes afin de justifier l’usage massif de la violence d’État.
En Russie, cela passe par la criminalisation de tout discours critique sur les crimes de guerre, la réhabilitation officielle d’un récit nationaliste glorifié, et l’usage systématique de l’accusation de « nazisme » contre l’Ukraine pour légitimer l’invasion. En Israël, cela se traduit par la négation de massacres de civils, la production de récits sécuritaires présentant toute résistance palestinienne comme un « danger existentiel » et l’effacement historique de la Nakba dans les discours institutionnels.
Du côté de la Russie, toute critique de la guerre d’agression est dénoncée comme un soutien aux « nazis ukrainiens », un levier rhétorique…
Auteur: Mr Mondialisation

