Boualem Bensaïd, figure des attaques djihadistes des années 1990, a été mis en examen jeudi 11 décembre pour des soupçons d’implication dans l’assassinat, en 1995, du cofondateur du Front islamique du salut (FIS) Abdelbaki Sahraoui à Paris, ont indiqué ses avocats.
Les faits remontent au 11 juillet 1995, lorsque Abdelbaki Sahraoui, imam de la mosquée de la rue Myrha (18e) et porte-parole à Paris du FIS, a été tué par balles, ainsi que son secrétaire, à l’intérieur du lieu de culte, alors que la France était frappée par une vague d’attentats revendiqués par le Groupe islamique armé (GIA).
Plus de trente ans après les faits, Boualem Bensaïd, 57 ans, qui purge une peine de réclusion à perpétuité pour son rôle dans les attentats de 1995 à Paris, a été mis en examen, selon ses avocats, Romain Ruiz et Raphaël Kemp.
L’affaire n’avait jamais été résolue, mais, en 2003, une expertise avait permis de démontrer qu’un pistolet de calibre 7,65, trouvé dans un appartement, notamment occupé en 1995 par Boualem Bensaïd, était bien l’arme qui avait tué le secrétaire de l’imam Sahraoui.
Boualem Bensaïd, qui conteste les faits, selon Mes Ruiz et Kemp, est toujours détenu au centre pénitentiaire d’Ensisheim (Haut-Rhin), malgré la décision rendue le 10 juillet par la cour d’appel de Paris qui autorisait sa libération à partir du 1er août, à la condition qu’il soit expulsé vers l’Algérie.
« Cette mise en examen, trente ans après les faits (…), vise uniquement à le maintenir en détention et consiste en une instrumentalisation grossière de la justice antiterroriste sur fond de conflit ouvert entre Paris et Alger », ont déclaré ses avocats dans un communiqué.
Boualem Bensaïd a notamment été reconnu coupable d’avoir posé la bombe qui a explosé dans le RER B à la station Saint-Michel, à Paris, le 25 juillet 1995, faisant huit morts et 150…
Auteur: La Croix (avec AFP)

