Appels à mobilisation, soirées de soutien, conférences de presse et interventions politiques se multiplient depuis quatre mois, et pourtant rien n’y fait : Boualem Sansal, détenu depuis son arrivée en Algérie le 16 novembre 2024, est toujours séquestré dans les geôles du pouvoir.
L’écrivain franco-algérien – il a obtenu la nationalité française il y a quelque mois – a été jugé jeudi 20 mars pour atteinte à l’intégrité territoriale de l’Algérie. La justice algérienne lui reprocherait notamment des déclarations au média français d’extrême droite Frontières cet automne, soutenant la position du Maroc selon laquelle son territoire aurait été spolié sous la colonisation au profit de l’Algérie. Accusations auxquelles Boualem Sansal oppose sa liberté d’expression « en tant que citoyen algérien ». Devant les juges du tribunal correctionnel de Dar El-Beïda, le procureur a requis une peine de dix années d’emprisonnement et une amende d’un million de dinars (environ 7 000 €).
Dans l’attente du verdict et à l’initiative du comité de soutien initié par Catherine Camus, fille d’Albert Camus, les soutiens de l’écrivain se sont encore retrouvés mardi 25 mars devant l’Assemblée nationale à Paris, réunissant des gens de lettres mais aussi de nombreux élus français, de Bruno Retailleau à Jean-Michel Blanquer.
De partout, des signes de solidarité surgissent. Au Printemps du livre de Montaigu (Vendée) du 28 au 30 mars, une chaise vide symbolisera ainsi l’invitation lancée le 4 mars à Boualem Sansal : «Nous voulons mettre en avant son œuvre et son combat, et réaffirmer notre engagement pour la liberté d’expression, la littérature et la force des mots », insiste Antoine Chéreau, président de la communauté d’agglomération Terres de Montaigu. Un soutien qui s’inscrit dans la mobilisation lancée dès son arrestation par les Nobels de littérature Annie Ernaux,…
Auteur: Christophe Henning

