Devant le portail, un pickup noir et beaucoup d’autocollants à l’arrière. L’un d’eux attire particulièrement le regard. Dans un cercle jaune, une tête de mort noire rappelle le symbole de la radioactivité. Au-dessus, trois lettres, « RAN », pour « Réveil antinucléaire ».
« Montez, c’est en haut des marches. » Bouli Lanners nous ouvre les portes de sa maison, sur une colline qui surplombe la gare de Liège, en Belgique. « Bouli », parce qu’il est hors de question qu’on le vouvoie, nous a-t-il fait comprendre au téléphone avant que nous prenions la route. Le comédien francophone nous attend les mains dans les poches, chemise épaisse à carreaux bleu sombre et rouge, bonnet noir, l’air rieur.
Bouli sur sa colline qui surplombe le centre-ville de Liège.
« On va se poser dehors, ça ne vous embête pas ? » Il fait 7 °C… Le comédien — alias Olivier Brun dans la saison 2 d’Hippocrate (sortie le 5 avril dernier), médecin en chef des urgences et gestionnaire de crise hors-pair — est hypocondriaque. « J’ai pas peur de me couper un bras, mais les virus, j’aime pas trop. Pour moi, c’était très très dur cette année. »
Il pose trois énormes plaids sur la table en teck, allume le poêle à bois « pour chauffer les petits pieds » et file préparer une tisane. À ses trousses, Gibus et Texas, ses deux « gosses », deux border terriers, dont le jeu préféré consiste à se disputer les « cucuches », des petits cochons en plastiques tout mordillés, disséminés partout dans le jardin. « J’ai fait un transfert. Si j’avais des gosses, je serais super casse-couilles, j’ai trop peur, je suis inquiet tout le temps. »
Texas, sa petite border terrier, s’est aventurée dans le bois qui lui est normalement interdit : « Mes chiens ont tendance à vouloir courser les renards. »
Bouli et Élise, sa femme, ont acheté cette maison il y a dix ans. Avant ça, ils ont habité vingt ans à bord d’une péniche sur les bords du canal de l’Ourthe (à Liège aussi). Sur les berges, avec leurs voisins, ils ont planté des arbres et se sont installés comme dans un village, mais illégalement : les chemins de halage sont publics. Le couple a ensuite recherché un environnement plus durable et vert.
« On a 10 000 m² de terrain en ville qui ne seront jamais construits ! »
Le barbu sort le bras de son plaid et montre le sommet de la colline : « Après la maison, j’ai acheté le bois puis les terrains autour pour pouvoir préserver un maximum de surface. Et mon…
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Auteur: Reporterre

