L’actualité file, les mauvaises nouvelles s’accumulent et les productions médiatiques suivent le tempo de l’urgence : on passe de la catastrophe écologique à la pandémie mondiale, de la guerre nucléaire aux élections, d’un spectacle à un autre. Les chiens de garde réservent le même traitement aux mouvements sociaux qui esquissent pourtant des éléments de réponse aux grands problèmes de notre temps.
Cinéma insurrectionnel
Comme toujours chez les dominants on essaye d’enterrer les insurrections et leurs traces. C’est pourquoi il faut absolument oublier ces gilets jaunes ingouvernables envahissant les champs Élysées ; ou au contraire, produire massivement des images sur eux sans montrer le bouleversement intime dont ils furent porteur.
Le cinéma à sa propre temporalité et son économie, il se trouve que trois ans après paraissent quelques films qui tentent de mettre en présence d’un tel soulèvement. La plupart n’y arrive pas mais boum boum nique le game en faisant briller à nouveau la puissance des gilets-jaunes dans les sombres temps.
Sur les gilets jaunes il y a beaucoup d’images. Il y a celles qui passent à côté par bêtise ou par interêt, celles qui passent au dessus par objectivité idéologique, celles qui continuent le maintien de l’ordre par d’autres moyens ; et enfin, celles qui rendent la vie, pendant quelques heures et dans l’intimité d’une salle obscure, au soulèvement populaire. Boum Boum est comme ça. Avec d’autres dans l’histoire du cinéma, il rend compte de ce que les milliers de révoltés vivent, c’est un film trempé dans le vivant.
En face des productions ennemis il y a bien un cinéma de l’époque qui se dessine, un cinéma contre le spectacle. Il y a les pok pok des matraques de 2016 dans L’époque et les boum boum des grenades de 2018. Au-delà de la délicate référence à Matthieu Bareyre par la reprise de quelques motifs, il y a bien quelque chose qui transparait, d’une pratique de « cinéma insurrectionnel » en commun : même génération, même présence dans les manifestations, même dispositif de tournage, même révolte, même tendresse pour les personnages, même nécessité de documenter ce que l’époque porte de plus beau et de plus fort.
LA VERITE DE L’ÉPOQUE EST AU COEUR DE L’ÉMEUTE
Dés les premières séquences le film s’installe dans le chaos des gilets jaunes sur les champs Élysées – l’époque est fracassante. Ce qui était une manifestation sauvage…
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Auteur: lundimatin

