Une nouvelle tragédie industrielle frappe la France. Le groupe centenaire d’électroménager Brandt, fleuron de l’industrie française, a été placé en liquidation judiciaire, entraînant la suppression de 700 emplois. Autant de familles laissées sur le carreau, sans compter les PME, commerces et services publics touchés par les fermetures d’usines. Celles de Vendôme et Orléans ferment, et le projet de reprise en Scop, soutenu par les salariés et des collectivités locales, a été rejeté par le tribunal. Ce coup dur survient après plusieurs années difficiles pour l’entreprise, dont les ventes ont chuté de 3,9 % l’an dernier, dans un secteur déjà fragile. Depuis 2014, Brandt appartient au groupe algérien Cevital, mais la crise de l’immobilier et une concurrence internationale accrue ont fragilisé son modèle. Les ministres de l’Économie et de l’Industrie, Roland Lescure et Sébastien Martin, ont exprimé leur soutien à l’entreprise, mais celui-ci n’a pas suffi. “Ils ont essayé de sauver les meubles dans un modèle où nous sommes perdants… le modèle libéal et mondialisé. Modèle qu’ils soutiennent dans leur politique et leur idéologie” analysent Thomas Porcher et Lisa Lap.
À Bercy, on estime que l’électroménager en France n’a plus d’avenir. Les autorités appellent à un « rebond » à long terme, mais les salariés et syndicats dénoncent un manque d’actions concrètes pour soutenir les emplois industriels. Surtout que, “le problème ce n’est pas l’électroménager ou Brandt”, qui n’est pas un cas isolé. Plus de 160 sites industriels sont actuellement menacés de fermeture en France, mettant en lumière un problème de fond dans l’industrie nationale. Les experts s’interrogent : peut-on encore produire de manière rentable en France ? Thomas Porcher affirme que oui : s’il y a un vrai plan industriel, la protection des entreprises françaises et un pouvoir d’achat qui permette…
Auteur: Le Média

