Surnommée depuis longtemps « l’usine du monde », la Chine ne se contente toutefois plus d’exporter des produits manufacturiers bas de gamme. En effet, avec ses exportations de voitures électriques (VE), de panneaux solaires et de batteries à lithium, la Chine est en train de conquérir le marché vert américain et européen. Elle se retrouve aujourd’hui pour cette raison sur le banc des accusés. L’Union européenne et les États-Unis, notamment, lui reprochent sa « surcapacité industrielle ».
La Chine a aussitôt répliqué : « au niveau mondial, la capacité verte n’est pas en excès, elle est en pénurie. Le problème n’est pas la surcapacité mais l’anxiété excessive ». Le problème de la surcapacité chinoise reste toutefois entier. On peut en effet se demander ce qui, s’agissant de l’industrie manufacturière chinoise, et au-delà de la bataille rhétorique, inquiète l’Union européenne et les États-Unis.
Candidate au doctorat en science politique à l’Université de Montréal, je travaille sur la relation entre la Chine et les pays de l’Asie du Sud-Est, et sur la comparaison entre l’Union européenne (UE) et l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (Asean).
Des subventions abondantes
Pour les Européens et les États-uniens, la surcapacité de la Chine se résume en deux éléments principaux : les subventions massives du gouvernement chinois et la demande dérisoire du marché intérieur. Ces deux éléments font en sorte que l’offre stimulée par le financement public dépasse largement la demande domestique. Les produits chinois inondent ainsi le marché international. À un prix très concurrentiel, ils menacent la survie des autres fabricants nationaux.
Les subventions du gouvernement chinois sont particulièrement présentes tout au long de la chaîne de production « verte » : des prêts bon marché, un accès peu coûteux à la terre, d’énormes investissements dans les…
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Auteur: Yaxin Zhou, Doctorante en science politique, Université de Montréal

