Le Brésil a souvent été présenté comme une véritable « démocratie raciale ». D’après les tenants de cette formule, le métissage propre à la société brésilienne aurait su créer – et fournir au monde – un modèle de société où le racisme n’existe pas. En réalité, ce mythe d’un pays métissé et harmonieux ne cacherait-il pas l’héritage sombre de l’esclavage, sans cesse renouvelé et renforcé par la période de la dictature militaire (1964-1985) ? Aujourd’hui, le Brésil est-il vraiment un exemple de société dont les tensions raciales sont absentes ?
Dès le XIXe siècle, des voyageurs européens tels que le botaniste allemand Karl Von Martius et le médecin français Louis Couty ont contribué à forger l’idée de l’existence au Brésil d’un « esclavage plus bienveillant » malgré sa très longue durée, jusqu’en 1888, et de la constitution d’une société brésilienne métissée, construite à partir du mythe des « trois races » à parts égales – l’Indien, l’Européen et l’Africain.
Si jusqu’aux années 1940, la pensée dominante diffusait l’idée eugéniste de l’existence de la hiérarchie raciale dans le monde entier, quelques intellectuels brésiliens, comme le sociologue Gilberto Freyre, ont néanmoins souligné dès les années 1930 le métissage culturel et racial au Brésil. Ce qui semblait novateur à cette époque sera cependant contesté plus tard par le constat d’une réalité plus violente et inégale, sous couvert de « pays métissé ».
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La paternité de l’expression « démocratie raciale » revient à l’anthropologue Arthur Ramos, qui…
Auteur: Silvia Capanema, Maîtresse de conférences en études lusophones, Université Sorbonne Paris Nord

