Il s’agit ici de contextualiser la victoire surprise (ou miraculeuse) de Lula au Brésil. Pour Frederico Lyra, le « messie Lula » ne pourra rien, si ce n’est retenir quelques années encore la fin des temps. Reste la nécessité toujours plus impérieuse de constituer une force à même de défaire la montée fasciste en cours.
La victoire de Lula tient du miracle électoral. C’est le maximum que l’on puisse attendre d’un scrutin. Nous avons gagné du temps. En 2018, avant d’être emprisonné, Lula avait déclaré : « Je ne suis pas un être humain, je suis une idée. Et cela ne sert à rien d’essayer d’en finir avec les idées ». Il se trompait, car il n’est pas une idée pure de la raison, bien au contraire, sa fonction est avant tout théologique : il est notre katéchon. Lula, et lui seul, aurait pu empêcher le retour de l’Antéchrist. Car c’est bien là le rôle principal qu’il joue au Brésil, au moins depuis 2016, lorsque la procédure de destitution de Dilma Rousseff — considérée par certains comme un impeachment, par d’autres comme un coup d’État — a ouvert les portes des cercles de l’enfer brésilien. Nous pouvons dire qu’il constitue une force de contention et que nous avons gagné quatre années supplémentaires pour tenter de nous organiser et d’imaginer autre chose, même si nous n’avons pas su tirer parti des quatre années précédentes (2022-2026), qui ont failli déboucher sur un accident mortel. Peut-être verrons-nous émerger un nouveau mouvement révolutionnaire brésilien pour cette ère qui s’ouvre devant nous ? Quoi qu’il en soit, nous avons retardé la fin du monde, comme aurait pu le dire Ailton Krenak, car le pays aurait pu s’autodétruire ce dimanche 25 octobre 2026. Et nous ne parlons pas ici de manière superficielle.
S’il n’y a pas de coup d’État — une possibilité qui ne peut être écartée face à Trump et au vieil impérialisme nord-américain que…
Auteur: dev
