La réaction de l’extrême-droite et des conservateurs n’a pas tardé : cinq jours à peine après la condamnation de Bolsonaro à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État pour se maintenir au pouvoir après sa défaite face à Lula en 2022, les député·es a adopté une proposition de loi émanant de leurs rangs, dite « du blindage ».
Au prétexte de les protéger contre les abus judiciaires, elle soumettrait toute poursuite les visant à l’accord du Parlement, et par un vote secret. Dans le même élan, les député·es ont signifié leur volonté d’aboutir « en urgence » à une loi d’amnistie destiné à absoudre Bolsonaro.
Pour cela, les bancs d’extrême-droite et des conservateurs ont dû rallier le grand centre mou de la chambre basse, bien aidés par le revirement son président Hugo Motta, qui a finalement décidé de l’examen des deux textes.
Sur le même sujet : Après la condamnation de Bolsonaro, le Brésil face aux forces réactionnaires
Panique chez ces parlementaires ? On peut le penser. Alors que nombre d’entre eux traînent des affaires de corruption, ils ont tout à redouter de la récente démonstration d’indépendance de la justice brésilienne, dont le bras n’a pas flanché à l’heure de condamner l’ex-président de la République, mais aussi plusieurs haut gradés — une première au Brésil.
Des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans toutes les grandes villes du pays.
Le pays est coutumier de telles « fantaisies » législatives, dans des assemblées où la quête de majorité gouvernementale est régulièrement sujette à des alliances contre nature. Mais cette fois-ci, le vase a débordé. Dimanche 21 septembre, des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans toutes les grandes villes…
Auteur: Patrick Piro

