Le 25 avril, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues de Lorient, à l’appel du collectif Stop Epona et de Eau et Rivières de Bretagne. Une mobilisation inscrite dans un mouvement plus large, alors que d’autres rassemblements se tenaient simultanément dans plusieurs communes bretonnes.
Dans le viseur des manifestants : les permis de recherche minière en cours d’instruction dans l’Ouest. Le projet Epona, l’un des trois portés par Breizh Ressources – une entreprise du groupe Aurania Resources – couvre une vaste zone, à cheval sur le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine et le Finistère. Objectif affiché : explorer le sous-sol à la recherche d’or.
Une mobilisation entre colère et dérision
Dans le cortège, la colère est bien présente, mais elle s’exprime aussi avec humour. Des chants détournés fusent. « J’ai deux passions : creuser les mines et le pognon… Vive les forages, les relargages… », lance la Fanfare Invisible en reprenant un air bien connu.
Un peu plus loin, une prise de parole théâtralisée met en scène une « ministre de l’extinction », appelant la population à se sacrifier pour les intérêts économiques. Une satire grinçante, reflet d’un sentiment largement partagé : celui d’être confronté à des décisions imposées d’en haut, au profit d’intérêts éloignés du territoire.
« Des terres qui ne valent rien » : une fracture politique
Dans un discours relayé pendant la manifestation, la Confédération paysanne dénonce frontalement la logique industrielle qui sous-tend ces projets. Elle cite notamment des propos attribués à Keith Barron, milliardaire et dirigeant d’Aurania Resources, évoquant des terres « qui ne valent rien et qui peuvent apporter des milliards de dollars ».
Pour les opposants, ces mots ne relèvent pas d’une simple maladresse. Ils incarnent une vision du monde. Un mépris de classe, d’abord, mais aussi, pour…
Auteur: Mr Mondialisation

