Il y a quelques jours, plus précisément le 17 avril 2025, Haïti commémorait, avec force sanglots médiatiques, la douleur des 200 ans de l’ignominieuse rançon exigée par les élites esclavagistes françaises, en 1825, à la jeune République noire. Laquelle venait de proclamer, 21 ans plus tôt, en 1804, son indépendance. Estimant que l’indépendance insolente et arrogante de cette colonie de Nègres avait, en mettant fin au business lucratif de la déshumanisation esclavagiste, lésé les droits de couleur de peau que le Code de Noir de 1685 octroyait aux colons français, comme propriétaires et maîtres absolus des Noirs de Saint Domingue, la France de Charles X s’était consentie à reconnaître cette indépendance, moyennant le paiement par Haïti d’une rançon exorbitante pour dédommager les propriétaires d’esclaves. Et comme Haïti n’avait pas les moyens pour payer cette dette, puisqu’entre temps, dès 1806, les États-Unis avaient décrété un embargo pour confiner, sur leur île pestiférée, ces Noirs insolents et arrogants qui voulaient ressurgir dans la dignité de leur humanité déniée, en devenant une nation libre, la jeune République a dû emprunter à des taux exsangues auprès des banques françaises pour dédommager ses anciens bourreaux. C’est ce que l’on appelle le crime de la double dette immonde.
200 ans plus tard, au regard de l’évolution erratique d’Haïti, mais, aussi, au regard des grandes impostures de l’histoire, par lesquelles la France, malgré les crimes déshumanisants et barbares qu’elle a commis pendant des siècles, notamment envers Haïti, s’est auto-proclamée « la patrie des droits de l’homme », il semble logique que les Haïtiens et les Haïtiennes, mais pas qu’eux, aient voulu rappeler à la mémoire du monde cette injustice séculaire. Ainsi, tout Haïti, mais pas seulement, a vibré dans les cordes mémorielles de de crime odieux qui a plombé et enfumé l’envol…
Auteur: Erno RENONCOURT

