Elles se nomment Corteva, Bayer, BASF, ChemChina, Limagrain/Vilmorin et KWS. Ces six multinationales détiennent près de 60 % du marché mondial des semences et elles ne comptent pas s’arrêter là. Elles possèdent un nombre croissant de brevets sur les nouvelles techniques de modification génétique, les fameux « nouveaux OGM » dont nous vous parlions dans le premier volet de notre enquête.
Or, ces brevets ne couvrent pas uniquement une technologie ou un procédé industriel. Ils concernent une large gamme de plantes avec des caractéristiques spécifiques : des plantes productrices d’insecticides, mais aussi résistantes aux herbicides, avec une qualité nutritionnelle ou un rendement modifiés, dont les réactions au stress environnemental ont été changées… Ils concernent aussi bien des céréales que des oléagineux (maïs, soja, colza, blé, riz), des légumineuses ou des légumes, voire des espèces d’arbres. Ce brevetage du vivant – accaparer par ces brevets la propriété d’une plante et en privatiser l’utilisation – est dénoncé depuis longtemps, mais se poursuit avec ces nouveaux OGM.
Privatiser l’usage des plantes
L’entreprise américaine Corteva, issue de la fusion de deux géants du secteur, Dow AgrowSciences et Dupont-Pioneer, figure en tête du nombre de demandes de brevets déposées sur les nucléases – une enzyme capable de couper l’ADN – selon un rapport publié par TestBiotech, une organisation indépendante basée à Munich. Elle a répertorié entre 2019 et 2020 plus de 70 demandes de brevets de la part de Corteva, couvrant des technologies, des procédés et, dans de nombreux cas, des plantes et des semences, déposées par cette seule entreprise. La multinationale allemande Bayer – qui a racheté Monsanto – arrive en deuxième position avec une cinquantaine de demandes de brevets, suivie par une autre société allemande, KWS, qui a déposé une trentaine de demandes. Les multinationales…
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Auteur: Sophie Chapelle

