Les points décisifs que je souhaite souligner ne sont cependant pas quantitatifs mais qualitatifs.
Tout d’abord, la posture des Brics. Nous venons d’un monde unipolaire où les Etats-Unis ont la mainmise depuis plusieurs décennies. Les Brics posent clairement la nécessité de dépasser cette situation pour arriver à un monde multipolaire. Les États-Unis, pour éviter le danger de perdre leur position dominante, provoquent un état de guerre qui cherche – par des moyens militaires – à empêcher cette grande transition d’un monde unipolaire à un monde multipolaire. Face à cette situation d’agression occidentale, le sommet de Kazan n’a pas créé un bloc d’opposition aux États-Unis. Il a explicitement déclaré que l’adhésion aux Brics est compatible avec l’adhésion à l’OTAN et qu’il n’y a pas d’obligations de principe pour les pays qui veulent faire partie des Brics.
Alors que les États-Unis, pour éviter de perdre leur position dominante, divisent le monde en deux avec des politiques de guerre, les Brics s’en tiennent à l’objectif de créer un monde multipolaire, non pas en opposition à l’Occident, mais simplement non soumis à l’Occident, indépendant. Ce n’est pas un hasard si, dans la résolution finale, un chapitre important est consacré à la réforme des Nations unies, dont le renforcement et la réforme sont demandés afin de les rendre plus démocratiques et plus représentatives du monde tel qu’il est aujourd’hui. Alors que l’Occident dirigé par l’OTAN se fixe pour objectif de consolider les inégalités par une politique de guerre, les Brics se fixent pour objectif de construire un monde multipolaire plus démocratique et plus égalitaire.
Deuxièmement, les propositions concrètement avancées par les Brics ne visent pas à favoriser tel ou tel pays, mais comportent un véritable élément égalitaire, y compris sur le plan économique. Par exemple, la réforme monétaire que les Brics…
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Auteur: Paolo FERRERO

