Issus d’horizons disciplinaires (philosophie et agronomie) tout aussi différents que nos lieux de vie (ruraux et urbains), nous présentons ici des constats communs que nous souhaitions partager avec les familles politiques avec lesquelles nous avons des affinités (allant de l’autonomie libertaire à la gauche écologiste, en passant par le communisme révolutionnaire). Si nous mettons en avant La France Insoumise comme force centrale de la gauche institutionnelle, aucun de nous n’en est membre, même si nous pouvons en être plus ou moins proches.
Plus généralement, nous sommes convaincus que l’antifascisme impose de renforcer et d’élargir nos alliances à gauche, notamment entres les forces inscrites dans le jeu électoral et celles qui s’en démarquent.
1. Lutter contre la force de l’extrême droite dans les mondes ruraux et périurbains est l’une des tâches politiques les plus urgentes
Dans la tripartition des blocs qui s’est mise en place depuis la présidentielle de 2017, les votes des classes populaires se divisent pour l’essentiel entre le bloc d’extrême droite et le bloc de gauche (lui-même bien évidemment fragmenté). Or, plus la taille de l’agglomération baisse, plus le vote d’extrême droite progresse – la relation étant inverse pour la gauche. Cette dernière réunit un vote plus urbain tandis que l’extrême droite attire plus les voix des classes populaires des villages et des bourgs. Cela ne doit certes pas conduire à absolutiser la différence entre une France des métropoles et une France périphérique, comme le fait par exemple Christophe Guilluy[1].
Expliquer la force du RN dans les zones rurales et périurbaines par le simple fait que la France périphérique aurait été perdante de la mondialisation et aurait été abandonnée par l’État contrairement aux métropoles et aux banlieues crée une opposition caricaturale, que le RN peut en outre reprendre à son compte. Les…
Auteur: romain romain

