Bristol / Jean Echenoz / Les éditions de Minuit / 206 pages / 19 euros.
On pourrait se demander ce qui fascine Jean Echenoz dans les défenestrations ayant lieu au cœur du 16e arrondissement de Paris. On se souvient peut-être que son précédent roman, Vie de Gérard Fulmard (1) – sorti il y a cinq ans déjà, on s’impatientait ! –, avait pour héros un homme habitant rue Erlanger, celle-là même qui avait vu, un jour de 1975, le chanteur Mike Brant y choir après une chute du sixième étage, triste anecdote mentionnée au fil du récit.
Minuit, 2020, et collection « Double », 2022.
Or, son nouveau roman, dont le titre est aussi le nom de son protagoniste, Bristol, domicilié rue des Eaux, débute ainsi : « Bristol vient de sortir de son immeuble quand le corps d’un homme nu, tombé de haut, s’écrase à huit mètres de lui. » Quoi qu’il en soit, il est incontestable que le 16e arrondissement est un tropisme romanesque pour l’auteur de L’Occupation des sols…
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Même si Bristol n’y fait guère attention dans l’immédiat, ce cadavre inopiné ne lancerait-il pas l’intrigue dès l’incipit ? Pas sûr. On n’affirmera pas ici que Jean Echenoz est un maître de l’histoire bien troussée ni du suspense classique. Ses lectrices et ses lecteurs savent qu’il est un grand joueur, qu’il n’aime rien tant que de prendre ses distances avec tout ce qui se présente comme littéral, et que…
Auteur: Christophe Kantcheff

