Bruno Retailleau : le Beauvau de la honte

Dans la cour de la place Beauvau, Bruno Retailleau se frotte les mains quelques secondes avant de prendre la parole dans la matinée du lundi 23 septembre. L’homme de 63 ans, au corps longiligne, se tient un peu à distance du pupitre. Calmement, il remercie Michel Barnier et Emmanuel Macron, qui se sont entendus pour le nommer à la tête du ministère de l’Intérieur, et jure de protéger toutes les forces de l’ordre.

Soudain, il s’agite, se rapproche des deux micros placés devant lui et parle de cette violence qu’il considère comme généralisée dans le pays. « Ce sont des chiffres, des statistiques inquiétantes. Mais il y a pire, parce que, derrière la froideur de ces chiffres, il y a des corps brisés, des existences mutilées, des vies volées. Tant de victimes dont les noms se perdent dans une chronique banale, une barbarie devenue presque quotidienne. »


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En quelques secondes, la classe politique entre dans la brutalité de son imaginaire. « Que nous a dit le peuple souverain ? Il nous a envoyé un message que nous devons entendre sans aucun sectarisme. Ce message est clair : les Français veulent plus d’ordre, d’ordre dans la rue, d’ordre aux frontières. » Bruno Retailleau plante le décor.

Soutenu à sa droite par Othman Nasrou, nouveau secrétaire d’État chargé de la Lutte contre les discriminations, et Nicolas Daragon, désormais ministre délégué chargé de la Sécurité du quotidien. Les macronistes Gérald Darmanin, Dominique Faure, Sabrina Agresti-Roubache, Marie Guévenoux et, quelques mètres plus loin, Marlène Schiappa, applaudissent sans broncher. Une scène symbolique : le macronisme laisse une place à la

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Auteur: Lucas Sarafian

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