L’urgence de préserver les forêts et de faire bifurquer la politique française en la matière rassemble au-delà des clivages partisans. Mardi 22 octobre à l’Assemblée nationale, alors que les députés s’écharpaient sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2025, cinq députés Les Écologistes, Renaissance, Horizons, Parti socialiste et La France insoumise étaient réunis autour de l’association Canopée pour proposer un virage à 180 degrés du plan forêt cher à Emmanuel Macron. Ils ont annoncé leur intention de déposer des amendements visant à réorienter, dans le budget 2025, les 195 millions d’euros prévus pour ce plan forêt, vers des mesures d’urgence. Et ce, sans engager un euro de dépense supplémentaire.
Cet argent est aujourd’hui dédié à un plan de restauration qui favorise les coupes rases, une pratique détruisant totalement le tissu forestier, et particulièrement néfaste à la biodiversité. « C’est le fameux milliard d’arbres que le président de la République veut planter. C’est un beau slogan, mais c’est inefficace, dangereux et coûteux », résume Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes à l’association Canopée.
Ce constat, déjà ancien, est partagé de plus en plus largement. « Le département de la Corrèze, dirigé par les Républicains, vient de décider une limitation des coupes rases dans le cadre de son plan départemental de la gestion de l’eau », fait par exemple valoir Étienne Roger, expert forestier et membre de l’association Pro Silva France, invité comme témoin par l’association Canopée.
Face à la stratégie gouvernementale, cette coalition associative et politique propose trois mesures pour mettre la politique française des forêts au diapason de l’urgence climatique :
1 — Sauver la prévention incendie
Le gouvernement prévoit actuellement une suppression des crédits dédiés aux actions de prévention des feux de forêts en 2025. Deux ans après…
La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Erwan Manac’h

