Un budget injuste
A nouveau Premier ministre après sa démission, Sébastien Lecornu veut couper 17 milliards de dépenses et augmenter les recettes de 14 milliards d’euros. L’objectif : atteindre 30 milliards d’euros de réduction du déficit en un an, et ramener le déficit public à 4,7 % du produit intérieur brut (PIB).
L’examen du PLF a commencé ce lundi 20 octobre pour les députés de la commission des finances qui doivent décortiquer en trois jours la partie recettes du projet de loi de finances, avec 1 500 amendements à étudier.
Après l’échec de la censure du gouvernement minoritaire de Sébastien Lecornu, les groupes politiques souhaitent amender en profondeur ce projet de budget jugé insatisfaisant. Et pour cause, les mesures d’économies risquent d’aggraver la situation des personnes les plus précaires en France.
Parmi les nombreux efforts demandés aux Français, liste l’économiste Gabriel Zucman, les apprentis voient leur salaire net baisser de 20 %, pour atteindre 750 euros par mois. Les retraités leurs pensions gelées, soit une baisse de pouvoir d’achat de 1,6%. Les allocations familiales chutent de 1.000 euros par an pour les ménages modestes avec 2 adolescents.
Les APL sont rabotées. L’allocation adulte handicapée gelée, tout comme le RSA et les autres prestations sociales. Les franchises médicales – c’est-à-dire la partie des médicaments qui n’est pas remboursée – sont doublées.
« Tout a été fait pour épargner Bernard Arnault et les milliardaires français. Il est donc demandé aux autres catégories sociales de faire des efforts. Une fois de plus », dénonce l’économiste Gabriel Zucman qui défend une taxe du même nom.
Rejetée par le premier ministre, cette taxe Zucman sera tout de même débattue grâce au dépôt de plusieurs amendements de la gauche. Elle devrait permettre de rapporter jusqu’à 25 milliards d’euros par an dans les caisses de l’Etat, en taxant…
Auteur: Laurie Debove

