Budget 2026 : « Plus le coût du travail baisse, plus les salariés s'appauvrissent »

Les débats actuels sur le budget et le projet de loi de de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) mettent en exergue l’équation insoluble à laquelle sont confrontés gouvernement et députés : comment réduire le déficit budgétaire tout en refusant de mettre davantage à contribution employeurs et entreprises, sans (trop) affaiblir à nouveau les protections sociales (retraite, Assurance maladie..), et tout en évitant d’appauvrir (encore) les classes populaires et moyennes.

En France, 50 % des salariés touchent entre un Smic et 1,5 Smic, ce qui fait de l’Hexagone « l’un des pays d’Europe où les salaires sont le plus concentrés dans le bas de l’échelle ». Dans ce contexte, un ouvrage publié en octobre sur « l’obsession du coût du travail » a intrigué la rédaction de Basta!.

Cette « obsession » guide l’ensemble des politiques économiques et sociales françaises depuis plus de trois décennies, avec l’idée que plus le coût du travail baissera, plus de nouveaux emplois seront créés, et plus le chômage diminuera. Ces politiques, qui continuent d’être défendues par nombre d’élus et de commentateurs, ont-elles été efficaces ? Quelles conséquences ont-elles eu sur la société ? Pourquoi nous ont-elles menés à l’impasse actuelle ? Nous avons rencontré l’auteur de ce livre, l’économiste Clément Carbonnier.

Basta! : Quels sont les principaux dispositifs de baisse du coût du travail et leurs coûts estimés pour les finances publiques ?

Clément Carbonnier est professeur d’économie à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et auteur de Toujours moins ! L’obsession du coût du travail ou l’impasse stratégique du capitalisme français (La Découverte, 20 €)

DR

Clément Carbonnier : Il y a trois grandes manières de baisser le coût du travail pour les employeurs. La première, d’un point de vue chronologique, a consisté à modifier le financement de la…

La suite est à lire sur: basta.media
Auteur: Ivan du Roy

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