Alors que l’Assemblée nationale se penche sur le budget depuis mardi 13 octobre, une question demeure. La lutte contre le réchauffement climatique va-t-elle pâtir des vives tensions sur la dette et la réduction du déficit ?
Percutée de plein fouet par la hausse récente des taux d’emprunt, la dette tricolore suscite de vastes inquiétudes dans les milieux économiques et financiers. Sous l’ère Macron, la dette publique a en effet grimpé en flèche pour passer au-delà des 100 % du produit intérieur brut (PIB). Elle atteindra probablement 120 % du PIB en 2027.
Pour renflouer les caisses de l’État et rassurer les marchés, le Premier ministre Sébastien Lecornu a prévu un plan de coupe drastique de 54 milliards d’euros dans son projet de loi de finances. Cette potion amère visant à réduire le déficit risque, entre autres, de pénaliser le financement de la lutte contre le péril climatique.
Dans son texte, Sébastien Lecornu prévoit des coupes à hauteur de 300 millions d’euros pour l’Agence de la transition écologique (Ademe) et la suppression de seize postes. Le projet de loi de finances envisage également la suppression de 24 postes à l’Office français de la biodiversité (OFB).
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Compte tenu de la fragmentation politique à l’Assemblée, la copie budgétaire du gouvernement risque une nouvelle fois de passer à la trappe. Le scénario de l’article 49-3 est à nouveau sur la table faute de majorité. Ce qui compromet la réalisation d’un vrai plan d’investissement pour la transition écologique dans les années à venir et une trajectoire consensuelle de réduction de la dette.
« Obsession du déficit »
Derrière les débats sur la dette, il existe un bras de fer entre la lutte contre le réchauffement climatique et les marchés. Le récit des milieux les plus orthodoxes, ceux qui ne remettent pas en…
Auteur: Grégoire Normand
