Le projet de budget 2024 est marqué par l’inaction climatique et le retour de l’austérité. L’austérité est toutefois relative. Elle épargne les « premiers de cordée », principaux bénéficiaires des 50 milliards d’euros de baisses d’impôts obtenus depuis 2017. Ils devront toutefois patienter pour bénéficier d’une nouvelle baisse des impôts de production, initialement promise dès 2024. À la suite de l’arrêt des programmes de rachat de dette publique par la Banque centrale européenne, les taux d’intérêt sur les emprunts d’État ont en effet augmenté, alourdissant de 17 milliards les charges de la dette. Il faudra donc « faire les fonds de tiroir » pour respecter la trajectoire budgétaire qui doit mener le déficit public à 2,7 % du PIB en 2027.
L’austérité continuera à gangrener les services publics et à miner la protection sociale. Elle frappera les ménages, désormais privés de bouclier tarifaire face à la nouvelle hausse des prix des carburants, et qui souffrent de la greedflation (inflation de cupidité) sévissant dans l’alimentation. En 2023, le bouclier tarifaire avait en partie été financé par la contribution de solidarité temporaire sur les surprofits des énergéticiens, imposée par un règlement européen aux entreprises réalisant un bénéfice supérieur de 20 % à celui observé entre 2019 et 2021.
Les choix politiques du gouvernement le condamnent hélas à l’inaction climatique.
Conformément au souhait des entreprises du secteur, le ministre des Finances ne prolongera pas cette taxe. Il demande juste à Total de fixer un prix plafond supérieur de 20 centimes à ce qu’il était lorsque était déployé le bouclier. Il déclare qu’un signal prix doit être envoyé aux automobilistes dans le cadre de la transition écologique et ajoute qu’il préfère affecter à cette transition les 12 milliards qu’aurait coûtés le…
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Auteur: Liêm Hoang-Ngoc

