« Le moment de vérité. ». Seul, avec ces quatre mots écrits au pupitre sur un fond blanc, aux allures de chambre froide. Pendant plus d’une heure, le premier ministre s’est transformé en boucher. À coups de machette, il a annoncé des baisses massives de la dépense publique. Transformant le « moment de vérité » en massacre social.
Par où commencer ? Sans doute par ce préambule, dont François Bayrou a le secret. En bon père de famille soporifique au possible, le premier ministre a mis en scène une « malédiction » : celle de la dette. Un « piège inévitable » dont la France serait au « bord de la falaise ». Les images n’ont pas manqué pour développer le gouffre qui serait à nos pieds.
Aucune, en revanche, n’est venu alimenter les explications d’une explosion du déficit public dont Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs – responsables d’une baisse continue des recettes publiques via la suppression de l’ISF, la flat tax ou les baisses d’impôts pour les entreprises – ont une lourde responsabilité.
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Dans un refrain néolibéral devenu insupportable au fil des études montrant l’explosion de la pauvreté (+400 000 pauvres supplémentaires entre 2022 et 2024 selon l’Insee), des inégalités, de la panne de l’ascenseur social ((la France classée 23e sur 27 pays européens en mobilité sociale selon l’OCDE), François Bayrou s’est attaqué à la cible facile. Les dépenses publiques.
Et il ne l’a pas fait dans la demi-mesure. Suppression de 3 000 postes de fonctionnaires, non remplacement d’un fonctionnaire sur trois, suppression de plusieurs agences d’État (et, avec, de 1 500 emplois), effort de 5…
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

