Au moins 48 milliards d’euros. C’est le coût pour l’État de cinq projets parmi les plus grands et les plus chers qu’il finance en partie, d’après les estimations — non exhaustives — de Reporterre. Alors que le gouvernement veut réaliser 40 milliards d’euros d’économies l’an prochain afin de ramener le déficit à 5 % du PIB en 2025, Reporterre propose une première piste pour améliorer l’état des finances publiques, abandonner ces projets : le programme de relance du nucléaire, la ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin, le canal Seine-Nord Europe, la construction des mégabassines et les Jeux olympiques d’hiver dans les Alpes en 2030.
• La relance du nucléaire : au moins 35 milliards
C’est « le chantier du siècle », selon Emmanuel Macron. Le président de la République veut relancer le nucléaire avec la construction de six réacteurs de nouvelle génération (EPR2) et le lancement d’études pour huit EPR2 « additionnels ». Le chantier des six EPR2 d’abord estimé à 51,7 milliards d’euros puis à 67,4 milliards d’euros, une troisième évaluation encore supérieure devrait être annoncée d’ici la fin de l’année.
Qui payera la facture ? « Plus je travaille sur le sujet, plus je suis dans le flou, mais c’est sûr que les consommateurs et contribuables vont passer à la caisse », dit Maxime Laisney, député La France insoumise (LFI) de Seine-et-Marne et rapporteur pour avis concernant les crédits énergie du projet de loi de finances (PLF) 2025.
Deux hypothèses se profilent, selon lui : « La première serait que l’État avance 35 milliards d’euros à EDF pour la construction des six EPR, le reste serait financé sur les fonds propres de l’entreprise. Si EDF réalise des profits, il devra rembourser l’État. » Où l’État trouvera-t-il ces 35 milliards d’euros ? « C’est l’une des questions que je compte poser dans le cadre des auditions que je mène », répond…
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Auteur: Jeanne Cassard

