C’est une mesure tellement impopulaire qu’on en vient à se demander pourquoi le gouvernement persiste. Dans son budget de la Sécurité sociale pour 2026, l’exécutif souhaite instaurer un doublement des montants des franchises médicales (les sommes qui restent à la charge des patients sur les boîtes de médicaments) et des participations forfaitaires (le reste à charge des consultations médicales).
Ces dispositifs seraient également étendus aux rendez-vous chez le chirurgien-dentiste, et aux produits médicaux comme les lunettes, les béquilles et les pansements — des domaines qui en étaient jusqu’ici exemptés. Cerise sur le gâteau, les plafonds annuels de ces franchises seraient aussi doublés, passant de 50 à 100 euros. Le tout est censé rapporter 2,3 milliards d’euros à l’État.
« C’est un impôt sur la maladie », a dénoncé le député socialiste Jérôme Guedj. La proposition ne plaît pas davantage à droite. Même le rapporteur du texte, le député Thibault Bazin (Les Républicains) a estimé en commission des Affaires sociales qu’on « dépassait un seuil symbolique ».
« Le gouvernement préfère aller faire les poches des malades »
Pourtant, le gouvernement macroniste s’obstine. Et cette mesure n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des propositions de ce budget de la Sécu, dont les députés vont débattre dans l’hémicycle à partir du 4 novembre. Parmi les autres dispositifs imaginés, on retrouve la réduction des indemnités journalières pour les personnes sous le régime d’affection longue durée « non exonérante » (celles qui présentent une dépression légère ou des troubles musculosquelettiques, par exemple) ou encore la suppression de l’exonération des cotisations pour les apprentis.
Plus largement, dans le projet de loi de finances pour 2026 — qui ne concerne pas spécifiquement le budget de la Sécurité sociale, mais celui de l’État dans sa…
Auteur: Justine Guitton-Boussion

