En s’abstenant, et en validant donc de fait, le budget de la Sécurité sociale, les députés Marie Pochon (EELV) et Paul Christophe (PS) ont fait un choix politique clair. Derrière les discours rassurants et les éléments de langage sur la « responsabilité budgétaire », ce vote entérine en réalité une nouvelle étape dans l’austérité sociale, dont les habitantes et habitants de la Drôme paieront le prix.
Car ce budget n’est pas neutre. Il organise des restrictions massives sur des piliers essentiels de notre modèle social, dans un contexte où les besoins explosent : vieillissement de la population, hôpital public à bout de souffle, précarité croissante, pénurie de soignants, déserts médicaux qui s’étendent — y compris dans nos territoires ruraux.
Un hôpital public sacrifié
Le budget voté repose sur une trajectoire de dépenses de santé déconnectée de la réalité. Les établissements hospitaliers, déjà étranglés financièrement, se voient imposer une enveloppe qui ne couvre ni l’inflation, ni l’augmentation des besoins de soins, ni l’indispensable revalorisation des personnels.
Concrètement, cela signifie :
des services qui ferment ou réduisent leur activité,
des lits supprimés faute de moyens,
des soignants poussés à bout, quittant l’hôpital public,
et des patients qui attendent plus longtemps, parfois trop longtemps, pour être pris en charge.
En ne s’opposant pas à ce budget, les députés de la Drôme assument ces choix.
La maîtrise comptable contre la santé
Sous couvert de « lutte contre les déficits », le budget fait porter l’effort presque exclusivement sur les dépenses sociales, sans jamais s’attaquer sérieusement aux recettes. Aucun courage politique pour aller chercher les profits excessifs, aucune remise en cause des exonérations de cotisations massives accordées aux entreprises sans contreparties.
Résultat : on rationne les soins, on durcit les conditions…
Auteur:

