Budget : le pari perdu d’avance d’Olivier Faure

Ce matin, alors que les députés étaient appelés à voter la censure, le patron des socialistes, Olivier Faure, face caméra, a tenté de convaincre une dernière fois les hésitants : « Il y a une formidable hypocrisie dans cet Hémicycle. Toutes celles et ceux qui vont voter la censure savent que si elle était votée, le gouvernement procèderait par loi spéciale et tout ce qu’ils prétendent combattre serait imposé aux Français. »

Il poursuit : « En acceptant d’entrer dans le débat parlementaire sur le budget, nous allons au contraire permettre d’amender et de corriger très sensiblement une copie qui n’est évidemment pas la nôtre (…). Nous allons permettre de grandes conquêtes dans les prochaines semaines. » Rien que ça !

Un parti qui feint de croire qu’en refusant la censure, il garde la main.

Comment « corriger très sensiblement » la copie du gouvernement tout en obtenant de « grandes conquêtes » ? L’affirmation du premier secrétaire du Parti socialiste relève de l’oxymore, sinon de la fable politique. Retour vers l’envoyeur de l’hypocrisie dénoncée : celle d’un parti qui feint de croire qu’en refusant la censure, il garde la main – quand en réalité, il s’enferme dans une impasse et condamne la gauche. Parce que depuis hier soir, les socialistes ne font pas les fiers.


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Dans les fédérations, la base militante ne cache pas son incompréhension : sauver un gouvernement à bout de souffle pour, dit-on, « corriger » son budget, voilà qui a tout d’une illusion technocratique. On soupçonne davantage une manœuvre pour sauver des postes que pour préparer une alternative au macronisme. Car les paris…

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Auteur: Pierre Jacquemain

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