Dans les hautes montagnes de la région de Mugamba, au Burundi, en Afrique de l’Est, de nombreux éleveurs collectent des feuilles mortes, des fougères et d’autres herbes sauvages pour garnir la litière de leurs étables. Une pratique qui peut sembler anodine et nécessaire à l’élevage. Pourtant, retirer cette matière organique du sol contribue à la dégradation des terres.
L’explosion démographique au Burundi a entraîné une forte pression sur les terres. Dans la région de Mugamba, cette dynamique s’est traduite par une déforestation progressive, liée à la recherche de nouvelles terres cultivables. Les zones humides et forestières, autrefois utilisées pour la collecte d’herbes destinées à la litière animale, ont peu à peu disparu.
« Ces dernières années, nous utilisions des herbes des marais, notamment le scirpe. Mais avec la disparition progressive de ces zones pour les exploiter, je recours aujourd’hui aux feuilles mortes d’eucalyptus et aux herbes sauvages comme les fougères et les lianes », explique Charles, un éleveur d’une soixantaine d’années, interrogé pour cet article.
Cette pratique s’est encore intensifiée avec la politique gouvernementale encourageant la stabulation permanente des troupeaux, mise en place pour pallier le manque de fumier et accroître la production laitière. En gardant les animaux à l’étable, les éleveurs ont besoin de quantités plus importantes de litière, alors même que les zones de collecte se raréfient.
Appauvrissement du sol et réduction de la récolte
Pour les spécialistes, le retrait des feuilles mortes et des jeunes herbes ne se limite pas à une simple perte de couverture végétale. Selon Yvan Nduwimana, ingénieur agronome de formation, ces éléments constituent la principale source de matière organique du sol.
Lorsqu’elles se décomposent sous l’action des micro-organismes et de la faune du sol, les feuilles…
Auteur: Mr Mondialisation

