Au cœur de l’Afrique des Grands Lacs, au Burundi, des milliers d’exploitants attendent désespérément des engrais chimiques qu’ils ont pourtant déjà payés. Face à ce vide, le gouvernement lance une campagne nationale de compostage, promettant une alternative écologique. Si cette méthode peut à long terme restaurer les sols et réduire la dépendance aux importations, elle peine à répondre à l’immédiateté des besoins. Pour les familles rurales dont la survie dépend de la prochaine récolte, le temps de maturation du compost est un luxe inabordable.
Le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage a lancé une campagne nationale de creusage de fosses de compostage du 17 au 30 mai 2026. L’objectif affiché est d’encourager la population à transformer les déchets organiques en fertilisant naturel riche afin d’augmenter la production agricole. Des agents agricoles et administratifs, du niveau provincial jusqu’aux collines rurales, ont été mobilisés pour accompagner cette opération à travers tout le pays.
Sur le papier, la démarche semble logique. Mais dans les villages, elle s’ajoute à une réalité déjà tendue : celle d’une agriculture dépendante de fertilisants chimiques, dont les livraisons tardent malgré des paiements déjà effectués.
Pour de nombreux agriculteurs, le contraste est brutal. Alors que les champs exigent des fertilisants immédiatement pour sauver la saison agricole en cours, le discours officiel se tourne vers une alternative dont les effets ne seront visibles qu’à moyen ou long terme. Le risque est alors de transformer une stratégie écologique nécessaire en réponse de substitution face à une crise plus profonde des intrants agricoles.
Une solution écologique… mais pas immédiate
Le compost n’est pas une innovation. Depuis longtemps, agronomes et organisations internationales en vantent les…
Auteur: Mr Mondialisation

