En septembre, c’est le grand retour des émissions d’idées et de débats, à l’image de « C ce soir » sur France 5. Une émission bourgeoise et conformiste qui en dit long sur notre rapport à l’audiovisuel public et à sa longue déchéance éditoriale.
« C’est mieux que rien, je regarde parfois » ; « Il y a des chercheurs donc c’est intéressant » ; « Ça fait le taffe ! ». C’est souvent en ces termes que des personnes de mon entourage qualifient « C ce soir », émission de débat diffusée vers 23h sur France 5. Pourtant, ils ne la regardent pas de manière assidue, voire ne la regardent pas du tout. Mais le simple fait d’être au courant de son existence est réconfortant : il existe encore des espaces de débat d’idées pluralistes à la télévision publique. Ouf !
L’émission, diffusée du lundi au jeudi et présentée par Karim Rissouli ou Camille Diao, se compose de six invités débatteurs et de deux chroniqueurs. Et pas n’importe lesquels, puisqu’il s’agit de la journaliste libérale et socialiste (pléonasme) Laure Adler, ex-conseillère à la culture de François Mitterrand et patronne de France info, et le très bourgeois Arthur Chevalier, un « écrivain » qui publie des livres sur Napoléon environ tous les deux ans. Comme Clément Beaune, il doit réprimer ses tics de langage aristocrates dès qu’il ouvre la bouche. Armé de son stylo bic dans la main, il compense son absence de style et de fond par de grands gestes embarrassants pour se donner de faux airs d’intellectuel sauce BHL.
Depuis janvier 2021, « C ce soir » tente de reprendre le flambeau du débat d’idées et reflète parfaitement l’évolution du paysage médiatique audiovisuel : des plateaux de plus en plus déséquilibrés et aseptisés, la présence encombrante de chroniqueurs, l’absence des classes laborieuses et une parole qui sort très rarement du cadre.
Équilibré et bien anglé, un bon débat permet, dans un premier…
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Auteur: Selim Derkaoui

