« C médiatique » : critique des médias ou « moment de détente » ?

« C médiatique » est en rodage, et n’a, semble-t-il, pas encore tranché une question pourtant importante : quelle est la ligne directrice de l’émission ? Expliquer le fonctionnement des médias ? Faire la promo des programmes médiatiques ? Commenter ce qui « fait l’actu » dans le petit monde des médias ? L’approche intégrera-t-elle une critique de l’univers médiatique, ou sera-t-elle plus classiquement superficielle et confraternelle, offrant simplement un espace médiatique aux élites de la profession pour justifier leurs choix et vanter leurs productions ?

Dès le générique de la première émission, qui s’ouvre sur une (embarrassante) mise en scène avec l’inoxydable Michel Drucker, qui, tel le Parrain, décide de la création d’un programme sur « la télé, les réseaux, les médias », on sent poindre la réponse : le divertissement l’emportera sur l’information ! La courte chronique inaugurale, « Les feux de l’écran », qui nous plonge dans le « monde merveilleux des médias : de l’amour, du pouvoir et des coups bas », le confirme – on se croirait presque chez « Quotidien », et ce n’est pas un compliment.

Les émissions seront à chaque fois entrecoupées de chroniques et de « pastilles », censées – on imagine – donner du rythme et du dynamisme. Cependant, alors que chaque émission dure 50 minutes, le découpage en séquences et un montage maladroit donnent un résultat assez laborieux, et les discussions en plateau sont en général assez superficielles. Le ton jovial et enthousiaste adopté par la présentatrice et les chroniqueurs achevant de créer une atmosphère de légèreté, d’entre-soi consensuel… même lorsque les invités ne sont pas d’accord. Si des sujets pertinents, touchant à des enjeux essentiels, sont parfois abordés, et que des paroles (relativement) critiques sont alors invitées à s’exprimer, la forme et le dispositif l’emportent toujours sur le fond, tandis que le manque d’ambition critique des journalistes rend les discussions lénifiantes.

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« Au sommaire [de cette première émission] : une onde de choc planétaire. Icône parmi les icônes, la reine Élisabeth II est morte jeudi après-midi à l’âge de 96 ans. Depuis, toutes les rédactions sont en ébullition. Alors, comment traiter une telle déflagration médiatique ? » Pour traiter la question, « C médiatique » fait le choix de laisser la parole à ceux qui l’ont déjà : Nicolas Charbonneau, directeur des rédactions du Parisien et…

La suite est à lire sur: www.acrimed.org
Auteur: Maxime Friot, Sophie Suel Acrimed

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