Ça branle dans le manche de la future héritocratie

Les étudiant·es de Sciences Po se rebiffent contre le peu d’ardeur des autorités de l’école à dénoncer les atrocités de la guerre en Palestine. Et les anathèmes de pleuvoir dénonçant la naïveté et l’ignorance d’une jeunesse privilégiée, bernée par d’illusoires discours gauchistes, accusée de surcroît d’apologie du terrorisme. Ces mobilisations à Sciences Po, figure emblématique de l’héritocratie (1), ont été étoffées par celles des universités de Strasbourg, Lille, et Brest, et de l’EHESS. La répression ne s’est pas fait attendre : Valérie Pécresse sucre la subvention allouée à Sciences Po, quand Gabriel Attal s’invite à son conseil d’administration, attestant la porosité entre pouvoir politique et monde académique.



Héritocratie. Les élites, les grandes écoles et les mésaventures du mérite (1870-2020), de Paul Pasquali, La Découverte, 2021.

Mais il n’y suffit pas ; il faut mater les contestations dans l’œuf. L’administrateur provisoire de Sciences Po et le président de l’EHESS ont alors fait donner la maréchaussée, mode de gestion des conflits banalisé. Évacuations, interpellations, arrestations démontrent la criminalisation de militant·es placé·es en garde à vue, tel·les les 88 de la Sorbonne. 


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Or leurs revendications sont loin d’un exubérant extrémisme : condamnation officielle des violations du droit international concernant les massacres en cours dans la bande de Gaza ; cessez-le-feu immédiat et durable et condamnation explicite de la colonisation en…

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Auteur: Rose-Marie Lagrave

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