« Ça devient orchestré » : le lobbying des laboratoires pour peser sur la Haute autorité de santé

Se plaindre directement auprès du président de la République, tenter de débaucher un expert indépendant, financer des associations de patients désespérés… Tous les moyens sont bons pour peser sur les décisions stratégiques de la Haute autorité de santé (HAS).

Les scientifiques de la plus haute instance de santé en France rendent de précieux avis sur l’efficacité des médicaments. Ils sont déterminants pour que l’État décide ensuite de les rembourser ou non, à quel taux, et se base dessus pour négocier leurs prix avec les laboratoires… Qui ont donc tout intérêt à obtenir de bonnes notes de la part de la HAS.

« Ça devient orchestré »

Pour la première fois, le président de l’instance indépendante a dénoncé publiquement la pression grandissante subie. « Ça devient orchestré, il y a une démarche volontaire d’attaques pour peser sur nos évaluations, plus insistante depuis quelques mois », a déclaré Lionel Collet le 16 avril, à l’occasion d’une rencontre avec l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis) à laquelle Reporterre a assisté. Trois jours auparavant, il l’avait déjà déploré via une tribune publiée dans Les Échos.

Habituellement discrète, la HAS n’a pas trouvé d’autre moyen de tirer la sonnette d’alarme dans l’espoir de freiner les laboratoires dans leur course effrénée au lobbying.

« La HAS dispose de voies de recours qu’elle peut activer plutôt que de prendre le risque de créer des amalgames et d’entretenir une suspicion sur l’ensemble d’un secteur », commente à Reporterre le Leem, le lobby des entreprises du médicament en France.

En l’occurrence, Lionel Collet se réserve donc le droit de passer au name and shame si les pressions perdurent. « Il faut que ça s’arrête. Nous ne voulons pas communiquer les noms des industriels fautifs mais si ça devait continuer, nous pourrions les donner », lâche-t-il.

Depuis…

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Auteur: Rozenn Le Saint