Paris, reportage
Le constat du Mouvement associatif est sans appel : « Ça ne tient plus ! » Le 11 octobre, 300 actions ont été organisées en France à l’initiative de cette structure regroupant 700 000 associations. Le but : « Alerter sur la situation financière dégradée [du secteur associatif] et sur le coût économique, social et démocratique qui en découle. » La part des subventions publiques dans les ressources des associations a en effet chuté de 41 % entre 2005 et 2020, passant de 34 à 20 %, selon un rapport du Conseil économique, social et environnemental publié en 2024.
À Paris, un village regroupant une cinquantaine d’entre elles a été installé à Stalingrad (19e arrondissement). Cinq associatifs nous ont fait part des difficultés rencontrées.
Raphaëlle (La Petite rockette) : « Il faut que tout cela change »
« La Petite rockette est une ressourcerie à visée écologique et solidaire : nous collectons des dons, nous organisons des ateliers pour apprendre à réparer un vélo ou des vêtements, nous proposons des formations aux métiers du réemploi… Si nous sommes mobilisés, c’est parce que le gel budgétaire visant les associations menace les emplois au sein de notre structure, qui salarie 54 personnes — notre structure dépend à 40 % des subventions publiques. Alors que notre modèle est producteur de lien social et tourné vers l’avenir, celui-ci est mis en danger.
Un tournant a vraiment eu lieu à partir de 2017, avec la suppression progressive des contrats aidés. Un autre problème est l’accent désormais mis par l’État sur les appels à projets, pour lesquels il nous est sans cesse demandé d’être innovants. Notre modèle l’est déjà !
Par ailleurs, nous sommes en colère vis-à-vis de l’inégalité de traitement entre associations et entreprises : il est souvent dit que nous sommes assistés, alors que les entreprises ont par exemple reçu 211 milliards…
Auteur: Amélie Quentel

