J’avais 6 ans en 1992. Cette année restera pour moi celle où, à Rio, au dernier jour du Sommet de la Terre, une jeune fille de 12 ans, Severn Cullis-Suzuki, a prononcé un discours qui a sidéré l’assemblée ; un discours qui m’accompagne encore aujourd’hui dans mon engagement et mes combats.
Plus encore que relire le texte de son intervention, il faut revoir les images et les visages de son auditoire mondial. Severn parle une langue que la politique a oubliée : une langue directe, claire, authentique. Une langue que je m’acharne à utiliser, n’en déplaise aux conservateurs de tous poils. Un discours sans « en même temps », sans langue de bois, sans mots creux – tous ces maux qui mettent les gens à distance.
Cette jeune fille parle avec force et sincérité, mais elle ne hurle pas, elle n’insulte personne. Avec une simplicité confondante, elle nous renvoie à des principes élémentaires : respecter, partager, ne pas détruire le vivant ; ces mêmes règles que nous jugeons essentiel d’enseigner à nos enfants, mais apparemment trop naïves pour guider nos politiques.
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Du haut de ses 12 ans, Severn avait vu, compris, dit. Ils ne l’ont pas entendue. Réécouter ce discours en 2025 peut être déprimant. Les forêts qu’elle craignait de voir disparaître s’effacent par millions d’hectares chaque année. Les espèces s’éteignent à un rythme 10 à 100 fois plus élevé que lors des cinq extinctions précédentes. Le climat s’emballe. Les inégalités se creusent. Comment ne pas ressentir de la tristesse, de la colère ?
Il faut pourtant refuser le désespoir et prendre le chemin de la contre-attaque. Dans son discours, Severn…
Auteur: Marine Tondelier

