Je ne vous propose pas un discours inspirant, de ceux qui font du bien. Nous avons évidemment besoin de (re)lire Jean Jaurès, Simone Weil ou Aimé Césaire. De (re)voir Greta Thunberg ou l’ambassadeur palestinien Riyad Mansour devant l’ONU. De (ré)entendre Charles Piaget défendre les Lip ou Xavier Mathieu les Contis. De (ré)écouter Adèle Haenel ou Abou Sangaré à la cérémonie des Césars. Avec ces choix qui me ressemblent, qui nous ressemblent cher·es lecteur.rices de Politis, on se tient au chaud. Mais il fait froid dehors.
Regarder en face l’internationale néofasciste qui vient m’apparaît décisif. C’est pourquoi j’en ai choisi l’un des discours les plus éclairants, celui prononcé par Javier Milei le 23 février dernier devant les grands de ce monde capitaliste à Davos. Le président argentin a posé les bases du national-capitalisme-autoritaire qu’il promeut, avec ses amis Trump, Orbán et Meloni, sans mâcher ses mots.
Ce que Milei veut effacer, c’est l’esprit des Lumières.
Au centre de tout : la liberté individuelle qu’il oppose aux « idéologies collectivistes ». Pour le président argentin et ses amis, c’est le « chaos créatif du marché », la défense de la vie contre « l’agenda sanguinaire et meurtrier de l’avortement », la fin du « virus mental de l’idéologie woke ». Cette rhétorique libertarienne et réactionnaire vient charrier une forme de jouissance, celle de la puissance qui écrase et de l’illimitisme.
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L’Occident, nous dit encore Milei, sera régénéré en rompant avec le « wokisme » et en réduisant drastiquement la taille de l’État. Ce qu’il veut…
Auteur: Clémentine Autain

