« Ça se relit », épisode 4 : Johanna Rolland et Jacinda Ardern

En apparence, ce discours de Jacinda Ardern n’a rien de politique. C’est un discours de deuil. Et lorsqu’on est en deuil, à moins de faire preuve de la plus grande indécence, on ne mène pas le combat politique. On partage une souffrance. On l’apaise autant qu’on peut, avec des gestes et des mots, qui sont bien peu face à toutes les vies fauchées par un attentat terroriste.

Et, pourtant, tout dans ce discours est profondément de gauche. À commencer par le fait de nommer le crime pour ce qu’il est : un attentat raciste qui a coûté la vie à cinquante citoyennes et citoyens de Christchurch, parce qu’ils étaient musulmans. Le racisme et la haine anti-musulmans tuent. Ils ont tué à Christchurch. Ils tuent aussi en France.

Pour rejeter et pour tuer, il faut déshumaniser. Retirer tout ce qu’il y a d’humain à celui ou celle qui est l’objet de sa haine. C’est ce que fait l’extrême droite. Jacinda Ardern montre que la meilleure réponse à la déshumanisation, c’est la réhumanisation. Elle le fait en donnant plus d’importance aux victimes qu’aux bourreaux et en les inscrivant dans la mémoire collective.


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Comme elle, je crois qu’une partie de la réponse à la violence d’extrême droite – qui aujourd’hui tente de nous imposer par la force sa vision du monde – est de montrer que nous ne serons jamais comme elle. On ne riposte pas à la brutalité par la brutalité, à la haine par la haine.

Cela n’empêche ni de protéger ce que nous sommes, ni de se battre sans faiblir pour le faire advenir. Et c’est ce que dit Jacinda Ardern : soyons la nation que nous prétendons être. Elle le dit avec ses mots et sa vision…

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Auteur: Johanna Rolland

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