« Ça se relit », épisode 5 : Elsa Faucillon et Gisèle Halimi

En 1972, dans une salle d’audience, Gisèle Halimi ne plaide pas seulement pour défendre la mère d’une adolescente qui a aidé sa fille à avorter. Elle plaide pour toutes les femmes. Elle attaque une loi répressive, un système patriarcal, une hypocrisie sociale et transforme un procès en tribune politique.

Cette plaidoirie est un plaidoyer d’actualité, il nous rappelle que les droits des femmes, et notamment celui de disposer librement de leur corps, ont été conquis de haute lutte.

Ce que dit Halimi à Bobigny, avec une clarté et une force inouïes, c’est que les lois répressives ne sont jamais neutres : elles frappent d’abord les plus précaires. À l’époque, seules les femmes les plus aisées pouvaient se permettre d’avorter à l’étranger. Les autres, les jeunes, les pauvres, les isolées, risquaient leur vie ou la prison. Ce constat fait de l’avortement une question sociale autant que féministe. Et cette tension entre une lutte universelle pour les droits des femmes et la lutte pour des droits sociaux continue de traverser nos combats.


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Relire Halimi, c’est aussi mesurer la puissance collective qu’il faut pour faire bouger l’Histoire. Elle ne parle pas au nom d’elle seule, mais au nom de toutes. Elle ne parle pas depuis elle seule mais après tant d’autres. Toutes celles qui ont contribué au droit à l’avortement, toutes celles qui ont contribué à l’avancée des droits des femmes. Elle fait entendre les voix des silencieuses, des invisibles. Elle refuse la solitude imposée par le patriarcat aux femmes face à leurs choix et à leurs corps. Elle appelle à la solidarité.

La liberté…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Elsa Faucillon

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