En 2007, Nicolas Sarkozy prononçait à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar un discours qui allait laisser une empreinte indélébile sur les relations franco-africaines et qui allait aussi me marquer profondément, moi, fille d’immigrés devenus Français, issus de deux anciens protectorats français en Afrique du nord que sont la Tunisie et le Maroc.
Rédigé par Henri Guaino, ce discours reflétait une vision essentialiste de l’Afrique, perpétuant des stéréotypes coloniaux. Aujourd’hui, en 2025, alors que la France tourne la page de sa présence militaire au Sénégal, relire ce discours est nécessaire pour comprendre les dynamiques postcoloniales qui continuent de façonner nos sociétés.
Le discours de Dakar est tristement célèbre pour sa phrase : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. » Cette déclaration a suscité une vague d’indignations à travers le monde. Le discours de Dakar a marqué un tournant en banalisant un racisme d’atmosphère qui sévit encore aujourd’hui.
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En essentialisant les cultures et en niant les ravages du colonialisme, Guaino et Sarkozy ont ouvert la voie à une rhétorique et à des politiques qui marginalisent les populations africaines et leurs descendants. Ils ont aussi ouvert la voie à une obsession identitaire qui a conduit le gouvernement Valls, sous la présidence de François Hollande, à proposer la déchéance de nationalité au lendemain des attentats de 2015, marquant une rupture avec la tradition républicaine de la gauche.
La politique migratoire actuelle du ministre Retailleau s’inscrit dans cette continuité avec ses mesures restrictives et…
Auteur: Hella Kribi-Romdhane

