Cabanes, yourtes… La traque aux habitats légers s'intensifie depuis les incendies

Bouleternère et Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales), reportage

Rien n’a bougé chez Julien depuis le 5 juillet, le jour où les incendies partis de Trévillach ont tout ravagé. Trois véhicules calcinés trônent à l’entrée, près du chêne-liège carbonisé. Le casot dans lequel il vivait avec son fils de 11 ans est toujours debout, le toit de sa petite cabane en moins. Tout comme l’atelier voisin, en pierre sèche, qui lui servait d’espace de stockage et de transformation. À l’intérieur et tout autour : des tas de gravats, de verre, de tôle et de ferraille jonchent le sol.

Rien n’est reconstruit car, ici, on fait la chasse aux habitats légers depuis plusieurs années et, après les incendies, la traque s’est intensifiée. Fin juillet, lors d’une tournée des municipalités, Pierre Regnault de la Mothe, le préfet des Pyrénées-Orientales, a annoncé sa volonté de renforcer la lutte contre la « cabanisation ». Par ce terme, il désigne « l’implantation, sans autorisation, dans des zones agricoles ou naturelles, de constructions ou d’installations diverses (baraques, caravanes, résidences mobiles de loisirs, etc.) ».

Résultat, pour ces habitats légers : leurs habitants sont doublement victimes. Ils ont perdu leur lieu de vie et ne sont pas considérés comme des sinistrés par les autorités locales, les privant d’une partie des aides.

Perché sur les hauteurs de Bouleternère, dans la vallée de la Têt, Julien s’est installé sur ce terrain agricole en 2012. Le casot, lui, a été construit en 1987. « C’est pour ça que j’ai acheté le terrain », précise-t-il. Il y a développé un mode de vie basé sur l’autosuffisance, loin des fastes consuméristes. « J’essayais le plus possible de me passer d’argent. »

Plus bas dans le village, il possède une autre parcelle où il cultive des arbres et des plants pour son activité de pépiniériste. Elle aussi a brûlé, la serre et…

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Auteur: Antoine Berlioz, Claire Lengrand