À peine le feu maîtrisé, un chapeau s’est mis à tourner pour la forêt de Fontainebleau. Sur place le 16 juillet, Emmanuel Macron a annoncé qu’un « guichet unique » réunissant la Fondation du patrimoine, l’Office national des forêts (ONF) et la ville serait ouvert pour « replanter et rebâtir ». Ce faisant, le président de la République consacrait l’appel aux dons comme l’une des réponses nationales à l’incendie.
Le message ne s’embarrasse guère de nuances. Il faut « accompagner la renaissance de la forêt », soutenir une « replantation ambitieuse » et la faire revenir « plus forte, plus belle et mieux adaptée aux enjeux climatiques de demain ». La ville de Fontainebleau donne même au donateur une unité de réparation immédiatement compréhensible : 40 euros pour replanter 100 m2, 4 000 euros pour « faire renaître » 1 hectare.
Au 22 juillet, plus de 718 000 euros ont été versés par quelque 5 800 donatrices et donateurs. Initialement fixé à 200 000 euros, l’objectif a été porté à 2 millions. L’argent doit financer les diagnostics après incendie, la sécurisation, la renaturation et, selon la Fondation du patrimoine, la plantation d’une forêt « mieux adaptée aux défis climatiques de demain ».
Le donateur privilégie un paysage connu
Qui pourrait s’opposer à tant de générosité ? Fontainebleau est une forêt aimée, parcourue, peinte, escaladée. Les dons disent l’effroi devant les flammes et l’envie — sinon le besoin — de ne pas rester les bras ballants face aux vallons calcinés. « C’est un classique, en cas de catastrophe, climatique ou autre, les fondations s’engagent, décrypte la docteure en sciences sociales Anne Monier, chercheuse au Centre en philanthropie de l’université de Genève. Ce qui m’a surprise, c’est la manière dont ça a été fait et cela interroge l’articulation entre État et philanthropie. » Car la cagnotte…
Auteur: Laure Noualhat

