Sujet et organisation
L’Indigène, appellation d’origine contrôlée
La figure de l’Indigène (et le processus “d’indigénisation” qui la produit) est centrale au PIR. Cette figure contre-intuitivement sous théorisée, ressemble fortement à un signifiant sans réel contenu. Le terme ne peut avoir de contenu que si les “indigènes” forment une sorte de sujet politique dont le PIR ne serait que l’expression. Mais ce sujet politique est loin d’avoir une forme positive, Houria Bouteldja et Youssef Boussoumah l’admettent volontiers :
La « différence indigène » n’existait pas, sinon en négatif, comme communauté d’oppression, comme assignation contradictoire et à la différence et à l’assimilation.
Comment donc faire de la politique, c’est-à-dire construire positivement, par la négative ? C’est, je pense, la question à laquelle le PIR n’a pas su répondre convenablement. La raison est double. Premièrement, comme Bouteldja et Boussoumah l’identifient, les politiques Blanches ont travaillé dur afin d’éloigner le PIR des groupes sociaux desquels il aurait souhaité se rapprocher. Cependant, se contenter de cette explication, c’est se délester de toute responsabilité politique. Si le PIR n’a pas pu pénétrer dans le “terter” à cause des garde-fous, c’est aussi qu’il ne s’est pas formé comme extension organique des politiques des banlieues, mais comme une organisation recrutant des théoricien.ne.s. En réalité, le sujet avec lequel le Parti s’identifie, par l’inexistence de revendications politiques unies sous une bannière commune, est à la fois le PIR lui-même et une production théorique du PIR. Lorsque le PIR doit identifier concrètement l’Indigène, on est forcé de constaté que certains groupes disparaissent de l’horizon. Si “l’Antillais, le sans-papier sénégalais ou la fille d’Algériens immigrés” sont bien présents, les kanaks, les maohis, les wayana, les hmongs…
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Auteur: IAATA

