Sur la question Juive
Des terminologies douteuses : de l’antijuifisme, du philosémitisme
Il est habituel pour les critiques du PIR, et peut-être principalement les détracteur.ices d’Houria Bouteldja, de lancer des accusations d’antisémitisme. Il me semble cependant que leurs critiques ne tombent jamais très juste. Si les juifves jouent un rôle central dans les conceptions politiques de Bouteldja, c’est avant tout par rapport à leur rôle ambigu dans les hiérarchies raciales modernes. Cette ambiguïté, elle-même une production impérialiste et coloniale, est très largement offusquée par certaines terminologies douteuses que Bouteldja emploie.
Le premier de ces termes est très certainement “philosémitisme” (souvent “d’État” pour en indiquer la forme structurelle). Si ce terme peut être interprété comme faisant référence à une forme d’antisémitisme, de la même manière que la négrophilie combine essentialisation, sexualisation, exotisation et appropriation des “cultures” et corps noir.e.s, le terme a pour autant une histoire toute particulière qui pousse au scepticisme quant à son emploi, plutôt qu’à une réelle compréhension du sens qu’on veut lui donner. En effet, l’origine réellement antisémite de l’injure “philosémite” ne devrait pas être prise à la légère (même s’il faut reconnaître que ce terme a pris une certaine indépendance par rapport à ses racines purement antisémites, au sein de la littérature académique, qu’il faudrait alors connaître pour comprendre Bouteldja). Les États occidentaux se présentent bien comme “amis” des juifves dans la mesure où ceux-ci participent à un “devoir de mémoire” (pour le moins hypocrite et tronquée) concernant l’Extermination nazie, et qu’ils soutiennent économiquement, juridiquement, scientifiquement et militairement les politiques coloniales israéliennes. Cependant ces politiques, contrairement à la négrophilie, sont…
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Auteur: IAATA

