Château de Saint-Genès-l’Enfant, château du Châtelard, château d’Anjony, château de Villeneuve-Lembron… Toutes ces demeures historiques du patrimoine auvergnat, riches de centaines de tableaux, de meubles de valeur et d’objets de collection pieusement conservés par des générations d’aristocrates attachés à leur nom et à leurs terres traditionnelles, auraient certes pu tenter Arsène Lupin. Y pénétrer discrètement, en visiteur de passage dissimulé sous un faux nom, y repérer les plus belles pièces, puis revenir nuitamment dérober celles-ci avec la complicité d’une équipe de malandrins bien organisée : cela eut été pour lui un jeu d’enfant.
Fortifiées ou non, protégées par de lourdes portes aux serrures compliquées, voire gardées jour et nuit, aucune de ces demeures n’eut résisté à la ruse malicieuse et à l’ingéniosité stupéfiante dont Arsène Lupin faisait preuve lors de ses coupables activités. Toujours, une poterne branlante, un souterrain oublié ou la naïveté d’un gardien eut offert au gentleman cambrioleur le moyen de perpétrer son forfait, et de laisser sur place sa carte de visite, signant ainsi son exploit.
Volé à Paris avec une audace inouïe
Pourtant, la vérité nous oblige à rappeler qu’Arsène Lupin commit la plus grande partie de ses méfaits dans le triangle cauchois – Fécamp, le Havre, Rouen – et bien sûr dans la région parisienne, où les plus opulents hôtels particuliers, de Passy au XVIe arrondissement, alimentaient généreusement le trésor qu’il amassait au cœur de L’Aiguille creuse d’Étretat.
C’est d’ailleurs à Paris, à l’hôtel de Dreux-Soubise, qu’il commit à l’âge de six ans son premier larcin : le vol du collier de la reine, ce trésor d’orfèvrerie réalisé initialement par Böhmer et Bassenge pour Madame du Barry, qui en fut privée par la mort de Louis XV, et que les deux joailliers avaient cru vendre…
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